Sabato, 16 Luglio 2016 14:31

Guillaume Tell sur le Paraná (2016)

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Un breve ritratto, in francese e tedesco, di Mosè Bertoni

 Questo articolo è stato scritto per l'opera collettiva Quel est le salaud qui m’a poussé? Cent figures de l’histoire suisse, a cura di Frédéric Rossi e Christophe Vuilleumier, Infolio, Gollion 2016. Il testo è poi stato riproposto, anche in versione tedesca, sul sito del museo nazionale svizzero:

https://blog.nationalmuseum.ch/fr/2021/04/mose-bertoni-guillaume-tell-sur-le-parana/

https://blog.nationalmuseum.ch/2021/04/mose-bertoni-der-wilhelm-tell-vom-rio-parana/

 

Guillaume Tell sur le Paraná

Mosè Bertoni (1857-1929), connu en Amérique latine comme Moisés Santiago Bertoni

Né au Tessin, dans la vallée de Blenio, Mosè Bertoni se forme comme botaniste à Genève. Pendant ses études il s’approche de l’anarchisme, et part en 1884 pour l’Argentine avec l’idée – plutôt vague – de fonder une colonie agricole où appliquer ses idéaux. Un rêve bientôt brisé : ses compagnons d’aventure – une dizaine – prennent d’autres routes. Resté seul, mais avec une famille déjà nombreuse (sa femme Eugenia franchit l’Océane enceinte du sixième fils), il s’établit au Paraguay, où il trouve ce champ riche et inexploré qui devrait lui permettre d’obtenir une renommée scientifique et réaliser ce besoin d’expansion qui toujours me fit rêver de voyages, d’explorations, de colonisations(comme il disait en 1882, en décidant de quitter l’Europe).

Dans une courbe du Paraná, à l’endroit qu’il appelle Puerto Bertoni, il crée la colonie «Guillermo Tell», une colonie de famille où se combinent les deux activités qu’il considère incontournables : l’agriculture et la recherche scientifique. Il s’occupe de botanique, météorologie, climatologie, agronomie, géographie, linguistique, ethnographie… Il envisage une oeuvre encyclopédique en plusieurs volumes, la Descripción física, económica y social del Paraguay et il installe à Puerto Bertoni une imprimerie («Ex Sylvis»), d’où sortent une partie de ses études. Pour réussir la «grande oeuvre» il compte sur la production agricole de la colonie, indispensable pour soutenir la recherche, sur l’aide du gouvernement pour les publications et sur la collaboration de la grande famille : fils, beaux-fils, neveux (ses 13 fils portent des noms bizarres comme Vera Zassoulich et Sofia Perovskaïa – deux revolutionnaires russes – ou Winkelried, Guillermo Tell, Werner  Stauffacher, Walter Fürst – témoignage de sont attachement à une Suisse idéalisée – ou encore Aristóteles et Linneo). Mais la situation est toujours plus difficile, depuis 1915 la région vit une période de crise économique, l’instabilité politique est permanente, le soutien de l’État pour les publications reste lettre morte. Un fils très doué meurt, d’autres s’éloignent l’un après l’autre de Puerto Bertoni, à cause des difficultés économiques, mais aussi pour se soustraire à la tutelle étouffante du patriarche. Le voilà donc, le 19 février 1929, cinq mois avant sa mort, écrire avec amertume : así que el edificio levantado con tanta constancia, pena y cariño, se viene abajo. Mis ilusiones sobre una familia tan numerosa, en pocos años se desvanecieron. Me quedo sin sucesores, ni colaboradores, ni hijos, ni nietos. La colonie est dans un état de décadence, la «grande oeuvre» interrompue, plusieurs manuscrits inédits (et plus tard dispersés).

Et néanmoins devant cet édifice inachevé et croulant on est stupéfaits pour ce que Bertoni a su réaliser dans son isolement : les nombreuses publications, les collections scientifiques, l’imprimerie, la colonie elle-même. Bertoni laisse une trace forte dans l’histoire culturelle du Paraguay, tant pour ses travaux de météorologie et de divulgation agronomique (il a même fondé la première école d’agriculture du pays), que pour la partie ethnographique de la Descripción (LaCivilización guaraní) qui, bien que douteuse sur le plan scientifique, a été un pilier de celle qu’on a appelé la «génération nationaliste-indigéniste» paraguayenne des années vingt.

Oeuvres principales de Mosè Bertoni:

– La Civilización Guaraní, vol. I et III, Puerto Bertoni 1922 et 1927.

– Agenda y mentor agrícola. Guia del agricultor & colono, Puerto Bertoni 1926.

Pour en savoir plus…

Danilo Baratti, Patrizia Candolfi, L’Arca di Mosè. Biografia epistolare di Mosè Bertoni, Bellinzona 1994.

Danilo Baratti, Patrizia Candolfi, Vida y obra del sabio Bertoni. Moisés Santiago Bertoni (1857-1929). Un naturalista suizo en Paraguay, Asunción 1999.

– www.mosebertoni.ch

 

(Danilo Baratti, Guillaume Tell sur le Paraná, in Quel est le salaud qui m’a poussé? Cent figures de l’histoire suisse, sous la diréction de Frédéric Rossi et Christophe Vuilleumier, Infolio, Gollion 2016, pp. 142-143).